Zoom sur ...

Découvrez un nouvel artiste tous les mois

Ce mois ci, découvrons Ludwig Van Beethoven.

Ludwig Van Beethoven

Contrairement à Mozart, il ne fut ni pauvre, ni ignoré, et sa valeur d'artiste fut reconnue de son vivant même, bien que la plupart de ses oeuvres aient dérouté une grande partie du public. Son caractère ombrageux, ses brusques incartades contre les privilèges de la naissance, l'orgueil légitime qu'il devait à la conscience de son génie, ne l'empêchèrent pas de bénéficier de l'appui et de la sympathie des grands de l'aristocratie autrichienne. certains d'entre eux se comportèrent à son égard comme de généreux mécènes, comme l'archiduc Rodolphe et le prince Lobkowitz.
L'existence devait néanmoins réserver à Beethoven des épreuves de tous ordres: surdité croissante, déceptions sentimentales et familiales, doutes à l'égard de son idéal de fraternité humaine...
C'est cette lutte implacable des contraires (la douleur et la joie) qui explique la fréquence dans les oeuvres du compositeur, de passages à résonance tragique débouchant sur l'exultation la plus totale.

Un touche-à-tout de génie !

Après une enfance et une adolescence difficiles, il quitta, à 22 ans, sa Rhénanie natale pour s'installer à Vienne.
Il s'est essayé à tous les genres de musique vocale en faveur à son époque: lieder, singspiel ("Fidelio"), oratorio, messes. Cependant, à l'exception de la "Missa solemnis" (Messe en ré mineur), on peut considérer qu'il ne s'agit pas là de l'aspect essentiel de sa production. C'est en effet dans le domaine de la musique instrumentale qu'il a donné sa vraie mesure: symphonies, concertos, sonates et quatuors à cordes principalement.

Les trois époques du compositeur

Chaque époque correspond à un style, à un degré de maturité de son génie et à une conception différente de l'Art Musical.
Dans la première époque, il est le brillant continuateur de ses prédécesseurs viennois: Haydn et Mozart. Elle est marquée par: les première et deuxième symphonies, les premier et deuxième concertos pour piano et orchestre, les Six quatuors de l'Opus 18.
La seconde manière prend forme dans des oeuvres puissantes, originales et monumentales, chefs d'oeuvre de logique et chef-d'oeuvre de passion: sonates pour piano "Clair de lune", "Appassionata", "Pathétique", les Trois derniers concertos pour piano et orchestre, les Symphonies III à VIII, les Quatuors VII à XI. Certaines d'entre elles sont porteuses d'un message que le compositeur semble destiner à la terre entière: appel à la lutte pour la liberté dans la "Symphonie Héroïque", défi à l'adversaire et aux forces contraires du destin de la "Cinquième Symphonie", réconciliation avec la vie et communion avec la Nature dans la "Symphonie Pastorale".
La troisième époque est celle du sommet de son originalité créatrice. Retranché du monde du fait de sa surdité, mûri par des épreuves de toutes sortes,
il édifie un art absolument personnel qui semble se mouvoir au niveau de la philosophie et de la méditation religieuse: la "Neuvième Symphonie" (1823), "Missa solemnis" (1822), les dernières Sonates, les derniers quatuors (XIIè à XVIIIè).

Un continuateur et un réformateur de l'art musical

La musique de Beethoven réunit les qualités de ses devanciers classiques (rigueur de la construction, harmonie de la forme) et de ses fils spirituels romantiques (passion, chaleur humaine, profondeur de l'expression). C'est ce qui lui vaut d'apparaitre à la fois comme l'aboutissement suprême du Classissisme et comme l'annonce de l'évolution qui va entrainer la musique vers d'autres destinées.

Les anecdotes

  • À 29 ans, il se rend compte que ses facultés auditives s'affaiblissent. Le compositeur surmonte toutefois cette épreuve et se réfugie dans la composition.
  • Il ne se marie pas et reporte son amour sur son neveu, Karl, dont il va demander la garde à la mort de son frère. Lorsque, au cours de l'été 1826, Karl tente de se suicider, le compositeur vit un ultime drame : sa santé commence à décliner et il s'éteint à Vienne, le 26 mars 1827.