La bonne posture au piano
Beaucoup d’adultes débutants pensent que le piano est avant tout une question de doigts. Pourtant, la qualité du geste musical dépend largement de la position globale du corps, de la détente des épaules et de la relation entre le poids du bras et le clavier.
Dans le cadre de la semaine d’essai, j’ai deux occasions d’observer la posture d'un nouvel élève. D’abord, il m’envoie une vidéo du travail réalisé pendant la semaine, en s’appuyant sur les contenus qu’il a pu visionner dans son espace personnel en ligne. Puis nous avons un second moment, en direct, où l’élève me joue à nouveau les morceaux travaillés.
Ces deux situations me permettent de regarder leur posture. Oh, il me suffit de quelques secondes seulement, pas besoin de les scruter pendant une minute! Tout comme un prof de danse, de ski, d'équitation le ferait avec ses élèves, en un regard, on voit immédiatement si la posture est bonne.
Parce qu’au piano, on peut dissimuler beaucoup de choses (le manque de précision, les hésitations, et même parfois le manque de maîtrise) mais la posture, elle, ne ment jamais. C’est un élément fondamental sur lequel on ne peut pas tricher.
Il arrive que certains élèves développent des habitudes qui limitent leur aisance au clavier.
C’est pourquoi j’accorde une vigilance particulière à la posture dès le premier cours.
Les bases d’une bonne posture au piano
Je vois régulièrement lors du premier cours en visio des élèves qui jouent avec des poignets complètement cassés vers le bas, des dos voûtés qui promettent des douleurs futures, des doigts jouant à plat sur le clavier, ou encore des élèves collés bien trop près du piano.
La posture est vraiment un sujet primordial que j’aborde dès le premier cours.
Étape 1 — Les pieds
On commence par les pieds. Ils doivent être ancrés dans le sol, comme des racines tranquilles. On évite de croiser se pieds sous le tabouret et on oublie aussi l’idée d’enrouler les jambes autour des pieds du tabouret 😊
Étape 2 — La distance au clavier
Les élèves sont toujours trop près du clavier. Jamais trop loin. Il ne m'arrive jamais par exemple de dire : "rapprochez vous du clavier".
En règle générale, le bout du genou seulement doit se trouver sous le clavier. C'est un excellent indicateur au début.
Si l’on est trop proche, on se retrouve vite coincé dans sa gestuelle. Difficile de faire des déplacements à gauche ou à droite, d'enchainer des mouvements fluides.
Trop loin, on perd l'équilibre et on aura tendance à s'appuyer sur le clavier, à s'ancrer sur ses doigts plutôt que sur ses pieds. Les maux de dos seront presque immédiats, c'est pour cela que peu d'élèves se tiennent trop loin.
C’est un équilibre à trouver.
Étape 3 — L’alignement du corps
On s’étire légèrement vers le haut. La tête se redresse comme si un fil invisible nous tirait doucement vers le plafond, et les épaules se relâchent. Tirez les vers le bas.
Étape 4 — Les bras et les mains
Les avant-bras doivent être à peu près parallèles au sol, le poignet dans le prolongement naturel de l’avant-bras,
ni cassé vers le bas ni relevé. Enfin, les doigts adoptent une forme arrondie,
comme si l’on tenait délicatement une orange dans la main.
L'erreur classique ici, c'est d'avoir les poignets cassés vers le bas.
N'oubliez pas: la posture au piano n’est pas une question d’élégance esthétique. C’est une question d’efficacité, de liberté de mouvement et de confort à long terme. Bien se placer, c’est déjà commencer à bien jouer.